Où acheter dans le Grand Montréal: portrait comparé de six secteurs en 2026

« Est-ce que c’est un bon secteur? » C’est probablement la question qu’on me pose le plus souvent. Ma réponse est toujours la même: bon pour qui, et pour faire quoi?

Un jeune couple qui travaille au centre-ville, une famille qui cherche un terrain et une cour, un investisseur qui vise le rendement locatif: ces trois profils n’ont pas le même « bon secteur ». Ce qu’on peut faire, par contre, c’est mettre les chiffres côte à côte et laisser chacun tirer ses conclusions.

Voici le portrait de six secteurs du Grand Montréal à partir des données de juillet 2026 de l’APCIQ, tirées du système Centris.

1. L’île de Montréal: le plus cher, mais le plus résilient

Prix médian d’une unifamiliale en juillet 2026: 817 500 $, en hausse de 7 % sur un an. C’est de loin la plus forte appréciation parmi les grands secteurs, et c’est aussi le prix le plus élevé.

La copropriété s’y négociait à 480 000 $, en hausse de 2 %. Le plex atteignait 910 000 $, en hausse de 9 %.

C’est aussi le secteur où le volume a le plus reculé: 1 198 ventes en juillet contre 1 422 un an plus tôt, une baisse de 16 %. Le marché du condo y est particulièrement lent, avec 582 ventes (en recul de 22 %) et un délai de vente moyen de 60 jours, le plus long des six secteurs.

Pour qui: ceux qui veulent la proximité, les services, le transport collectif et une valeur de revente historiquement solide. Les acheteurs de condo sur l’île sont en excellente position de négociation en ce moment.

2. La Rive-Sud de Montréal: l’équilibre

Prix médian d’une unifamiliale: 643 000 $, en hausse de 2 %. La copropriété s’établissait à 410 650 $, en hausse de 3 %, et le plex à 810 000 $, en hausse de 14 %.

Avec 747 ventes en juillet, en recul de seulement 4 %, la Rive-Sud est l’un des secteurs qui a le mieux maintenu son activité. L’unifamiliale s’y vendait en 34 jours en moyenne, l’un des délais les plus courts.

À noter: l’inventaire de copropriétés y a explosé, avec une hausse de 39 % des inscriptions en vigueur et un délai de vente qui passe de 34 à 49 jours.

Pour qui: les familles qui veulent de l’espace sans s’éloigner du centre, et les acheteurs qui cherchent un marché prévisible avec des transactions qui se concluent rapidement.

3. Laval: le volume stable

Prix médian d’une unifamiliale: 615 625 $, en hausse de 3 %. La copropriété se situait à 435 000 $, en hausse de 2 %.

Laval affiche une caractéristique remarquable: 200 ventes d’unifamiliales en juillet 2026, contre 201 en juillet 2025. Une stabilité quasi parfaite dans un marché en recul partout ailleurs. Et surtout, le délai de vente moyen y est tombé à 27 jours, six jours de moins que l’an dernier. C’est le marché le plus rapide des six secteurs.

Le condo, par contre, y ralentit nettement: 83 ventes contre 112 un an plus tôt, un recul de 26 %.

Pour qui: les acheteurs d’unifamiliales pressés ou qui détestent l’incertitude. Quand une bonne propriété sort à Laval, elle part vite. Préparation du financement obligatoire.

4. La Rive-Nord de Montréal: la meilleure appréciation hors de l’île

Prix médian d’une unifamiliale: 605 000 $, en hausse de 7 %, à égalité avec l’île de Montréal pour la plus forte progression du groupe.

Le volume s’est maintenu: 607 ventes d’unifamiliales contre 608 un an plus tôt. Le délai de vente moyen était de 36 jours. Les inscriptions en vigueur ont toutefois grimpé de 27 %, ce qui donne du choix aux acheteurs.

Deux segments à surveiller. La copropriété est le seul segment des six secteurs à avoir reculé en prix, à 366 000 $, une baisse de 2 %, avec une hausse de 47 % de l’inventaire. Le plex y a chuté en volume, avec 43 ventes contre 66 un an plus tôt, un recul de 35 %.

Pour qui: les acheteurs d’unifamiliales qui cherchent le meilleur rapport prix-appréciation. Les acheteurs de condos y trouvent actuellement les meilleures aubaines du Grand Montréal.

5. Vaudreuil-Soulanges: le marché qui souffle

Prix médian d’une unifamiliale: 640 000 $, essentiellement inchangé par rapport à juillet 2025. La copropriété se situait à 393 000 $, en hausse de 5 %.

C’est le secteur où le ralentissement est le plus visible: 163 ventes résidentielles au total en juillet, contre 199 un an plus tôt, un recul de 18 %. Le volume des ventes a chuté de 19 %. Le délai de vente d’une copropriété y atteignait 62 jours.

Pour qui: les acheteurs patients qui privilégient l’espace et la tranquillité, et qui sont prêts à négocier fermement. C’est le secteur où le rapport de force penche le plus nettement du côté de l’acheteur. À l’inverse, si vous vendez à Vaudreuil-Soulanges cet automne, le prix de départ sera déterminant.

6. Saint-Jean-sur-Richelieu: le rattrapage

Prix médian d’une unifamiliale: 595 000 $, en hausse de 11 %, la plus forte progression des six secteurs pour ce type de propriété.

Attention toutefois à l’interprétation. Avec seulement 63 ventes d’unifamiliales en juillet, contre 81 l’an dernier, le volume est faible et les prix médians peuvent varier fortement d’un mois à l’autre selon la composition des propriétés vendues. Le délai de vente s’est aussi allongé, passant de 37 à 51 jours.

Pour qui: les acheteurs qui acceptent un temps de déplacement plus long en échange d’un coût d’entrée plus bas. Regardez les tendances sur six à douze mois plutôt que sur un seul relevé mensuel.

Le tableau d’ensemble

Prix médians d’une unifamiliale, juillet 2026, avec la variation sur un an:

  • Île de Montréal: 817 500 $ (+7 %)
  • Rive-Sud de Montréal: 643 000 $ (+2 %)
  • Vaudreuil-Soulanges: 640 000 $ (0 %)
  • Laval: 615 625 $ (+3 %)
  • Rive-Nord de Montréal: 605 000 $ (+7 %)
  • Saint-Jean-sur-Richelieu: 595 000 $ (+11 %)

Plus de 220 000 $ séparent le secteur le plus cher du moins cher. C’est à peu près le prix d’une copropriété complète sur la Rive-Nord. La question n’est donc pas seulement « quel secteur », mais « qu’est-ce que je suis prêt à échanger contre cette différence »: temps de transport, services, taille du terrain, potentiel de revente.

Ce que les chiffres ne vous diront jamais

Un prix médian de secteur regroupe des dizaines de quartiers très différents. À l’intérieur d’un même arrondissement, deux rues à cinq minutes de marche l’une de l’autre peuvent afficher des écarts de valeur de 20 % ou plus.

Avant d’arrêter votre choix, vérifiez toujours les éléments qui ne figurent dans aucun tableau:

  • Les écoles du secteur et leur bassin de desserte, un facteur qui influence directement la valeur de revente
  • L’accès réel au transport collectif, mesuré à votre heure de déplacement, pas en théorie
  • Les projets de développement ou de réglementation municipale en cours
  • Le bruit: autoroute, voie ferrée, corridor aérien
  • Le compte de taxes municipales et scolaires, qui varie énormément d’une ville à l’autre pour une propriété de même valeur

Mon conseil après 25 ans: allez marcher dans le quartier un mardi à 8 h et un samedi à 10 h. Vous apprendrez en une heure ce qu’aucune statistique ne vous dira.

Trouvons votre secteur

Si vous hésitez entre deux ou trois secteurs du Grand Montréal, écrivez-moi à charles@charlesperreault.com. Je vous préparerai un portrait détaillé des quartiers précis qui vous intéressent, avec les comparables récents et les éléments à surveiller.


Charles Perreault
Courtier immobilier, RE/MAX du Cartier
Mont-Royal, Québec
25 ans d’expertise | 2000+ transactions

Sources et références

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