Depuis quelques mois, le vent tourne légèrement en faveur des acheteurs dans le Grand Montréal. L’offre de propriétés augmente, la pression des surenchères diminue et les taux d’intérêt se sont stabilisés. Cela ne veut pas dire que tout est facile, mais que vous avez plus de marge de manœuvre qu’il y a deux ou trois ans. Voici comment en profiter intelligemment.
1. Connaître votre capacité réelle avant de magasiner
Une préapprobation hypothécaire n’est pas un détail administratif, c’est votre carte d’entrée. Elle vous donne un budget réaliste et vous positionne comme un acheteur sérieux aux yeux d’un vendeur.
Rappelez-vous que votre prêteur appliquera la simulation de crise du BSIF. Vous devez vous qualifier au taux le plus élevé entre le taux de votre contrat plus deux points de pourcentage, ou 5,25 %. Ce test vous évite de vous surendetter, mais il réduit aussi votre capacité d’emprunt par rapport à ce que vous pourriez croire. Mieux vaut connaître ce chiffre avant de tomber en amour avec une propriété.
2. Fixe ou variable: le paradoxe de l’été 2026
C’est la question qu’on me pose le plus souvent. Commençons par le contexte.
Le 15 juillet 2026, la Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 2,25 %. Ce taux influence directement le taux préférentiel des prêteurs, qui se situe autour de 4,45 %, et donc les taux variables. La prochaine annonce est prévue le 2 septembre 2026.
Fait inhabituel cet été: le taux variable est plus avantageux que plusieurs taux fixes. Selon RateHub, le meilleur taux variable sur cinq ans se situait autour de 3,45 %, alors que le meilleur taux fixe sur cinq ans oscillait près de 3,94 % au Canada, et autour de 3,99 % au Québec. Plusieurs prêteurs ont même ramené leurs taux fixes au-dessus de 4 %, sous l’effet de la remontée des rendements obligataires liée aux risques d’inflation persistants et à l’incertitude économique.
Traduction: le marché obligataire, qui détermine les taux fixes, reste nerveux, tandis que le taux variable bénéficie d’un taux directeur stable et relativement bas.
Le fixe, c’est la prévisibilité. Votre paiement est verrouillé pour toute la durée du terme, peu importe ce que fait la Banque du Canada. Pour un premier acheteur ou pour un budget serré qui ne tolère aucune surprise, cette sérénité vaut souvent la légère prime.
Le variable suit le taux directeur. Si les taux baissent, vous en profitez immédiatement; s’ils montent, votre coût augmente. C’est un choix qui convient à ceux qui ont un coussin financier et une tolérance au risque.
Un rappel important: le meilleur taux affiché n’est pas toujours le meilleur prêt pour vous. Les conditions de remboursement anticipé, la portabilité et les pénalités comptent autant que le pourcentage. Et comme les taux évoluent, vérifiez les valeurs à jour au moment de votre décision.
3. Prendre le temps que le marché vous redonne
En juin 2026, on comptait 20 894 propriétés à vendre dans la région métropolitaine de Montréal, une hausse de 17 % sur un an et un onzième mois consécutif d’augmentation de l’inventaire. Concrètement, cela signifie plus d’options et moins de décisions prises dans la panique. Visitez, comparez, revenez une deuxième fois. Ce marché récompense la patience.
4. Garder une perspective sur les prix
Ne confondez pas ralentissement des ventes et baisse des prix. Au deuxième trimestre de 2026, le prix médian de la maison unifamiliale dans la région métropolitaine était de 645 000 $, en hausse de 3 % sur un an, et la copropriété de 430 000 $. Sur l’île de Montréal, ces chiffres montent respectivement à 850 000 $ et 495 809 $. Attendre une chute des prix pourrait vous coûter plus cher que d’acheter maintenant.
5. Budgéter au-delà du prix d’achat
Droits de mutation (la fameuse taxe de bienvenue), frais de notaire, inspection, déménagement, ajustements de taxes: ces coûts s’additionnent vite. Prévoyez une réserve pour les premiers mois. Une propriété abordable à l’achat mais lourde à entretenir peut devenir un fardeau. Regardez le coût total de possession, pas seulement la mensualité.
6. Ne jamais sauter l’inspection
Dans un marché plus équilibré, vous n’êtes plus obligé de renoncer à l’inspection pour rendre votre offre concurrentielle. Profitez-en. Une inspection sérieuse peut révéler des problèmes coûteux et vous donner un levier de négociation légitime. C’est une des meilleures protections que vous puissiez vous offrir.
7. Vous faire accompagner
Un courtier acheteur connaît les secteurs, les comparables récents et les pièges d’une promesse d’achat. Son rôle est de défendre vos intérêts, de la première visite jusqu’à la signature chez le notaire. Dans la majorité des cas, ses honoraires sont assumés par le vendeur, ce qui en fait un accompagnement précieux et accessible.
Vous préparez un achat pour cet automne et voulez y voir clair dans votre financement? Écrivez-moi à charles@charlesperreault.com. On établira ensemble une stratégie claire, adaptée à votre budget et à vos objectifs.
Sources et références
- BSIF, Taux admissible minimal pour les prêts hypothécaires non assurés
- Banque du Canada, Communiqué sur le taux directeur, 15 juillet 2026
- RateHub, Taux hypothécaires au Québec
- APCIQ, Statistiques du marché résidentiel, juin 2026
Charles Perreault, Courtier Immobilier, RE/MAX du Cartier, Mont-Royal, Québec. 25 ans d’expertise, plus de 2000 transactions.















