Le plex reste l’un des investissements immobiliers les plus populaires au Québec, et pour cause : il combine la stabilité de la brique avec des revenus locatifs réguliers. Mais en 2026, est-ce encore un bon investissement à Montréal? Voici une analyse honniête bassée sur les données actuelles du marché.
Les chiffres du marché des plex en 2026
Selon les données APCIQ de mars 2026, le prix médian des plex (petits immeubles à revenus) dans la région métropolitaine de Montréal a progressé de 8 % sur un an, avec la moitié des transactions conclues à plus de 865 000 $. Ce segment a affiché la croissance la plus forte de tous les types de propriétés résidentielles en mars 2026, et les délais de vente se sont réduits de 18 jours par rapport à l’an dernier.
Dans des secteurs recherchés comme Rosemont-La Petite-Patrie, le prix moyen d’un plex peut dépasser le million de dollars. Dans des quartiers plus abordables comme Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, des duplex et triplex sont encore disponibles à des prix plus accessibles, bien que la pression à la hausse se fasse sentir partout.
Duplex, triplex ou quadruplex : quelle formule privilégier?
La réponse dépend de votre profil et de vos objectifs. Voici comment j’analyse cette question avec mes clients :
Le duplex : accessible avec une mise de fonds de 5 % si vous l’occupez (pour les propriétés sous 500 000 $). Les revenus d’un seul locataire rendent le flux de trésorerie plus fragile. Idéal pour débuter en immobilier locatif tout en réduisant votre coût de logement.
Le triplex : souvent le meilleur équilibre. La mise de fonds est identique au duplex en occupation proprieté-occupant (10 % sur la portion au-delà de 500 000 $), mais deux locataires génèrent plus de revenus pour absorber l’hypothèque. Si un logement se libère, l’autre continue à payer.
Au-delà de 4 logements : la propriété est considérée comme un immeuble commercial en financement, ce qui change les règles du jeu. La mise de fonds minimale monte à 25 %, et les critères de qualification sont différents.
Les indicateurs financiers à calculer avant d’acheter
Trop d’investisseurs débutants se concentrent sur le prix d’achat et le taux hypothécaire sans analyser la vraie performance financière de l’immeuble. Voici les indicateurs que j’examine systématiquement :
Le taux global d’actualisation (TGA), aussi appelé taux de capitalisation, se calcule en divisant le revenu net d’exploitation (revenus locatifs moins les dépenses opérationnelles, avant service de la dette) par le prix d’achat. À Montréal en 2026, les TGA pour les plex en bon état oscillent généralement entre 3,5 % et 4,5 %. Un TGA plus élevé que le taux hypothécaire indique un effet de levier positif.
Le flux de trésorerie mensuel : c’est la différence entre vos revenus locatifs et tous vos déboursements (hypothèque, taxes municipales et scolaires, assurances, entretien courant, réserve pour travaux). Dans le marché montréalais actuel, un cashflow positif de 100 $ à 200 $ par porte est considéré comme un bon résultat. N’acceptez pas un flux négatif en espérant simplement sur la plus-value.
La réserve pour travaux : prévoyez systématiquement entre 1 % et 2 % de la valeur de l’immeuble par année pour l’entretien et les rénovations. Ignorer cette réserve, c’est se placer en situation financière fragile dès la première réparation majeure.
La hausse des constructions locatives : une opportunité ou un risque?
La SCHL rapporte qu’en début de 2026, près de 85 % des nouvelles constructions résidentielles à Montréal sont des unités locatives. Ce volume record de nouvelles units à louer crée plus de concurrence sur le marché locatif. Pour les propriétaires d’immeubles anciens, l’entretien et la modernisation des logements deviennent plus importants pour conserver des locataires de qualité et maintenir des loyers compétitifs.
Cela dit, la demande locative à Montréal reste soutenue par une population croissante, une immigration importante et une augmentation du coût de l’accès à la propriété. Le marché locatif reste structurellement fort, même si l’offre s’est élargie.
Les droits des propriétaires et des locataires en 2026
Le Tribunal administratif du logement (TAL) publie annuellement des lignes directrices sur les augmentations de loyer admissibles. Il est essentiel de connaître vos droits et obligations comme propriétaire avant d’investir dans un immeuble locatif au Québec. Une gestion locative rigoureuse et respectueuse de la loi est la base d’un investissement sain sur le long terme.
Un investissement qui demande préparation et suivi
Investir dans un plex, c’est devenir entrepreneur. Vous gérez des locataires, de l’entretien, de la comptabilité et des relations humaines. J’ai accompagné des centaines d’investisseurs dans cette démarche, et ceux qui réussissent le mieux sont ceux qui abordent l’investissement avec une mentalité d’entrepreneur plutôt qu’en cherchant une solution passive.
Chez OSE Coaching Immobilier, nous accompagnons également des propriétés-investisseurs dans le développement de leurs compétences et de leur portefeuille. Si vous êtes sérieux dans votre démarche d’investissement, un accompagnement professionnel peut faire toute la différence.
Vous souhaitez analyser un immeuble spécifique? Écrivez-moi à charles@charlesperreault.com — c’est avec plaisir que je vous aideral à faire le bon calcul.
Sources et références
- APCIQ — Statistiques du marché résidentiel, mars 2026
- SCHL — Rapport sur l’offre de logements, printemps 2026
- Tribunal administratif du logement (TAL) — Droits des locataires et propriétaires
- WOWA — Taux hypothécaires au Québec, avril 2026
Charles Perreault, Courtier Immobilier | RE/MAX du Cartier, Mont-Royal, Québec | 25 ans d’expertise | 2 000+ transactions
