Marché immobilier du Grand Montréal: le portrait de l’été 2026

Chaque mois, les nouvelles données de l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ) nous donnent un portrait précis de l’état du marché. Après 25 ans dans le métier, j’ai appris qu’un chiffre isolé ne veut rien dire: c’est la tendance qui compte. Voici donc ma lecture du marché du Grand Montréal pour cet été 2026, chiffres officiels à l’appui.

Un ralentissement graduel, pas un recul de prix

En juin 2026, les courtiers immobiliers ont conclu 4 012 transactions résidentielles dans la région métropolitaine de Montréal, une baisse de 8 % par rapport à juin 2025. Dans le même temps, l’offre de propriétés a augmenté pour un onzième mois consécutif, avec 20 894 propriétés à vendre inscrites au système Centris, en hausse de 17 %.

Que faut-il en retenir? Moins de ventes et plus de choix, cela ressemble à un marché qui se rééquilibre en faveur des acheteurs. Le nombre de propriétés disponibles remonte, ce qui laisse plus de temps et de latitude pour magasiner. On est loin de la frénésie des surenchères systématiques qu’on a connue il y a quelques années.

Des prix qui continuent de progresser

Voici le paradoxe qui surprend bien des gens: malgré la baisse des ventes, les prix, eux, ne baissent pas. Pour le deuxième trimestre de 2026 dans la région métropolitaine de Montréal, le prix médian de la maison unifamiliale a grimpé de 3 % pour atteindre 645 000 $. Les plex ont progressé de 5 % à 874 000 $, et les copropriétés de 1 % à 430 000 $.

Sur l’île de Montréal, où je concentre une grande partie de ma pratique, les écarts sont encore plus marqués. La maison unifamiliale y affiche un prix médian de 850 000 $ (en hausse de 6 % sur un an), la copropriété se situe à 495 809 $ (plus 3 %) et le plex atteint 920 000 $ (plus 3 %).

Cette résilience des prix s’explique simplement: la demande reste solide et le nombre de propriétés, bien qu’en hausse, demeure insuffisant pour combler les besoins réels de la région. Tant que l’offre reste sous la barre de l’équilibre, les prix tiennent bon.

Zoom sur un secteur qui traverse les cycles: Ville de Mont-Royal

Les moyennes régionales cachent des réalités très différentes d’un secteur à l’autre. Prenons Ville de Mont-Royal (VMR), mon point d’ancrage depuis le début de ma carrière.

VMR a été conçue au début du 20e siècle selon le modèle de la ville jardin, avec un plan en étoile, de larges avenues bordées d’arbres matures et de nombreux espaces verts. Ce n’est pas un développement improvisé: c’est un aménagement réfléchi qui a traversé le temps. Cette cohérence urbaine, rare sur l’île, contribue directement à la valeur durable des propriétés.

Son grand atout, c’est la position. On est au cœur de l’île, à quelques minutes du centre-ville, avec un accès direct par la gare du Réseau express métropolitain et les grands axes routiers. Vous avez la proximité du centre-ville sans en subir le bruit ni la densité. Ajoutez à cela des commerces de proximité, des parcs, des installations sportives, des écoles réputées et une vie communautaire active, et vous obtenez un cadre de vie complet.

Ce qui caractérise ce type de secteur, c’est sa résilience. Quand le marché ralentit, les quartiers établis et bien situés corrigent moins et se relèvent plus vite. La combinaison d’un stock limité de propriétés, d’un cadre de vie recherché et d’un emplacement central crée un plancher naturel à la valeur. Les secteurs de cette nature se situent généralement dans le haut des fourchettes de prix de l’île, en raison de la rareté et de la demande soutenue.

Le rôle du taux directeur

Le 15 juillet 2026, la Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 2,25 %. Cette stabilité, après plusieurs baisses au cours des derniers trimestres, redonne de la confiance aux acheteurs qui savent maintenant à quoi s’attendre pour financer leur projet. La prochaine annonce est prévue le 2 septembre 2026, et elle vaudra la peine d’être suivie de près.

Ce que disent les prévisions pour la fin de 2026

Selon les plus récentes prévisions de Royal LePage, publiées à la mi-juillet 2026, le prix de l’agrégat d’une propriété dans la région du Grand Montréal devrait augmenter de 5 % au quatrième trimestre de 2026 par rapport à la même période en 2025, pour s’établir autour de 676 725 $. La maison unifamiliale détachée pourrait grimper de 6 % (environ 796 908 $) et la copropriété de 2,5 % (environ 502 558 $).

Autrement dit, les experts anticipent une appréciation modérée mais bien réelle d’ici la fin de l’année. Le Québec continue d’aller à contre-courant de villes comme Toronto et Vancouver, porté par une demande constante et une économie régionale résiliente.

Mon conseil comme courtier

Pour un acheteur, ce marché offre une fenêtre intéressante: plus de choix, moins de pression et des taux stables. Pour un vendeur, il faut ajuster ses attentes. Une propriété bien préparée et justement évaluée se vend toujours, mais le temps où l’on obtenait dix offres en 48 heures est derrière nous. La mise en marché stratégique redevient déterminante.

Chaque secteur, chaque rue, chaque type de propriété a sa propre dynamique. Ces moyennes régionales sont un point de départ, pas une réponse à votre situation précise. Vous songez à acheter ou à vendre dans les prochains mois? Écrivez-moi à charles@charlesperreault.com et je vous préparerai une analyse adaptée à votre quartier et à votre projet.

Sources et références

Charles Perreault, Courtier Immobilier, RE/MAX du Cartier, Mont-Royal, Québec. 25 ans d’expertise, plus de 2000 transactions.

Laisser un commentaire