La rentrée est souvent le moment où les acheteurs et les vendeurs qui ont pris une pause estivale reviennent dans le marché. Avant de prendre une décision, il vaut la peine de regarder les chiffres réels plutôt que les impressions. Les statistiques de juillet 2026 publiées par l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ) dressent un portrait clair, et ce portrait n’est pas celui que plusieurs imaginent.
Moins de ventes, plus de choix
Dans la région métropolitaine de recensement (RMR) de Montréal, 3 338 transactions résidentielles ont été conclues par l’entremise du système Centris en juillet 2026, contre 3 709 en juillet 2025. Il s’agit d’un recul de 10 % sur un an. Le volume des ventes, lui, a diminué de 5 % pour s’établir à environ 2,32 milliards de dollars.
Du côté de l’offre, le mouvement va dans la direction opposée. Les inscriptions en vigueur ont grimpé de 17 % pour atteindre 19 790 propriétés disponibles dans la RMR. Les nouvelles inscriptions ont progressé de 4 %, à 5 260. Autrement dit, il y a moins d’acheteurs qui passent à l’acte, mais il y a nettement plus de propriétés parmi lesquelles choisir.
C’est la définition même d’un marché qui se rééquilibre. Après plusieurs années où les vendeurs dictaient les conditions, le rapport de force se replace tranquillement au centre.
Les prix continuent pourtant de monter
Voici ce qui surprend le plus mes clients: malgré la baisse des ventes et la hausse de l’inventaire, les prix médians ont progressé dans les trois catégories de propriétés de la RMR de Montréal en juillet 2026.
- Unifamiliale: prix médian de 650 000 $, en hausse de 4 % sur un an. 1 852 ventes, soit un recul de 4 %. Délai de vente moyen de 38 jours, contre 35 l’an dernier.
- Copropriété: prix médian de 431 500 $, en hausse de 2 %. 1 142 ventes, soit un recul de 17 %. Délai de vente moyen de 55 jours, contre 46 l’an dernier.
- Plex de 2 à 5 logements: prix médian de 865 000 $, en hausse de 6 %. 340 ventes, soit un recul de 16 %. Délai de vente moyen de 46 jours, contre 54 l’an dernier.
La copropriété est le segment qui montre le plus de signes d’essoufflement. Avec 9 916 inscriptions en vigueur, soit 20 % de plus qu’en juillet 2025, et un délai de vente qui s’allonge de neuf jours, les acheteurs de condos disposent aujourd’hui d’un pouvoir de négociation qu’ils n’avaient pas eu depuis plusieurs années.
Zoom sur l’île de Montréal
Comme je travaille principalement à partir de Mont-Royal, je surveille de près les chiffres de l’île. Le recul des ventes y est plus marqué que dans l’ensemble de la RMR.
L’île de Montréal a enregistré 1 198 ventes en juillet 2026, contre 1 422 un an plus tôt, un recul de 16 %. Les inscriptions en vigueur ont bondi de 15 % pour atteindre 10 493. Pourtant, les prix médians y progressent plus vite que la moyenne de la RMR pour l’unifamiliale et le plex:
- Unifamiliale: 817 500 $, en hausse de 7 %
- Copropriété: 480 000 $, en hausse de 2 %, avec un délai de vente de 60 jours
- Plex: 910 000 $, en hausse de 9 %
Le message est clair: sur l’île, les propriétés bien situées et bien préparées trouvent preneur à bon prix, mais le volume de transactions ralentit. Les acheteurs prennent leur temps et comparent davantage.
Des écarts importants d’un secteur à l’autre
Parler du marché du Grand Montréal comme d’un bloc unique est une erreur. En juillet 2026, pour l’unifamiliale:
- Rive-Nord de Montréal: prix médian de 605 000 $, en hausse de 7 %, avec 607 ventes, un chiffre pratiquement identique à celui de juillet 2025
- Rive-Sud de Montréal: prix médian de 643 000 $, en hausse de 2 %, avec 470 ventes, en recul de 3 %
- Laval: prix médian de 615 625 $, en hausse de 3 %, avec 200 ventes, un volume stable
La Rive-Nord se démarque nettement. C’est le secteur où l’unifamiliale a le mieux tenu, tant en volume qu’en appréciation. À l’inverse, le marché du plex y a fortement ralenti, avec 43 ventes en juillet contre 66 un an plus tôt.
Le facteur taux d’intérêt
Le 15 juillet 2026, la Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 2,25 %, une sixième décision consécutive sans changement. Le taux préférentiel des institutions financières est demeuré à 4,45 %. La Banque a rendu sa décision suivante le 2 septembre 2026, et je vous invite à consulter le communiqué officiel pour connaître son orientation la plus récente au moment où vous lisez ces lignes.
Cette stabilité explique en bonne partie le comportement du marché. Quand les taux cessent de bouger brusquement, les acheteurs cessent de se précipiter. Ils reviennent à un rythme normal de magasinage, ce qui étire les délais de vente sans faire chuter les prix.
Ce que prévoient les analystes pour la suite de 2026
Royal LePage a révisé ses prévisions à la hausse en juillet 2026. La firme anticipe désormais une progression de 5,0 % du prix de l’agrégat dans la région du Grand Montréal au quatrième trimestre de 2026 par rapport à la même période l’an dernier, ce qui porterait ce prix à 676 725 $. La maison unifamiliale détachée mènerait la marche avec une hausse projetée de 6,0 %, alors que la copropriété progresserait plus modestement, de 2,5 %.
Fait notable, le Grand Montréal se distingue du Grand Toronto et du Grand Vancouver, où des reculs sont attendus. Le marché québécois continue d’aller à contre-courant de la tendance nationale.
Ce que ça change concrètement pour vous
Si vous achetez: vous avez plus de choix qu’à n’importe quel moment des dernières années et vous avez le temps de visiter avant de déposer une promesse d’achat. C’est particulièrement vrai en copropriété. Profitez-en pour inclure les conditions qui vous protègent, à commencer par l’inspection.
Si vous vendez: les prix tiennent, mais votre propriété n’est plus la seule sur la rue. Avec un inventaire en hausse de 17 % dans la RMR, la mise en marché et le prix de départ deviennent déterminants. Une propriété correctement positionnée dès le premier jour se vend encore rapidement. Une propriété surévaluée reste sur le marché et finit par se vendre en dessous de sa valeur.
Si vous hésitez: attendre pour attendre n’est pas une stratégie. Regardez plutôt votre situation personnelle, votre capacité d’emprunt et votre horizon de détention. Les moyennes régionales ne disent rien de la valeur précise de votre propriété ou du quartier que vous convoitez.
Parlons de votre situation
Les statistiques donnent la tendance générale. Elles ne remplacent pas une analyse de votre propriété ou du secteur qui vous intéresse. Si vous songez à acheter ou à vendre cet automne dans le Grand Montréal, écrivez-moi à charles@charlesperreault.com. Je prendrai le temps de regarder vos chiffres à vous.
Charles Perreault
Courtier immobilier, RE/MAX du Cartier
Mont-Royal, Québec
25 ans d’expertise | 2000+ transactions
